Actualités Graffiti
Graffiti, street art et fresque : quelle différence
Les trois mots sont employés l'un pour l'autre, mais ils ne désignent pas la même chose. Le graffiti est une affaire de lettres. Le street art se définit par le lieu. La fresque est une grande peinture réalisée avec autorisation. La distinction n'est pas une question de goût : elle sépare trois formes, trois histoires et trois statuts juridiques.
Le graffiti commence par un nom
Au centre du graffiti, il y a un nom. Le graffeur choisit un blaze et répète ces lettres. La grammaire s'est fixée dans le New York des années 1970, quand de jeunes graffeurs ont inscrit leur nom sur les rames de métro et les murs de la rue, et les formes définies alors sont encore celles que l'on utilise.
- Tag : une signature, en général d'un seul geste continu. La forme la plus rapide et la plus répandue.
- Throw-up : deux ou trois lettres au contour épais remplies d'une seule couleur. Conçu pour être posé vite et rester lisible de loin.
- Pièce : abréviation de masterpiece. Plusieurs couleurs, des ombres, un fond, et des heures de travail.
- Wildstyle : une pièce où les lettres s'imbriquent derrière des flèches et des angles jusqu'à devenir difficiles à lire.
L'illisibilité du graffiti n'est pas un échec. Les lettres ne s'adressent pas au passant : elles démontrent un savoir-faire destiné aux autres graffeurs.
Le street art se définit par le lieu, pas par la technique
Le street art n'est pas tenu par un matériau ni par une méthode. Ce qui le définit, c'est d'avoir été posé dans l'espace public. Pochoirs, affiches collées à la colle de farine, stickers, mosaïques de carrelage et yarn bombing entrent tous dans le terme.
L'artiste français Invader en est l'exemple le plus lisible : il installe de petites mosaïques de carrelage aux angles des rues dans des villes du monde entier. Ni bombe ni lettres, mais l'œuvre reste dans la rue et relève de la même catégorie.
Graffiti et street art ne s'opposent pas. Le graffiti est une branche du street art : la plus ancienne, et celle dont les règles internes sont les plus nettes.
Une fresque est presque toujours autorisée
Une fresque murale est une grande peinture sur un mur, et l'autorisation en est la différence décisive. Un propriétaire la commande, une collectivité la finance, ou un festival obtient le mur avant de peindre. C'est pourquoi les fresques sont grandes, durent, et sont souvent gérées par les villes comme un atout touristique.
La plupart des murs connus par le nom de leur ville — Hosier Lane à Melbourne, l'East Side Gallery à Berlin, Wynwood Walls à Miami — relèvent de cette catégorie. Une œuvre peinte sans autorisation tient en général quelques jours ou quelques mois avant d'être effacée.
Beaucoup de muralistes sont des graffeurs. La même personne peint une fresque sur un mur commandé et un graffiti sur un mur qui ne l'est pas. Lire l'autorisation du mur renseigne davantage que lire le style de l'auteur.
Pourquoi la distinction compte vraiment
D'abord, le droit les traite différemment. Peindre le mur d'autrui sans autorisation constitue une dégradation dans la plupart des pays. La même image devient art public ou infraction selon le seul consentement du propriétaire.
Ensuite, la conservation diffère. Une fresque commandée est entretenue. Une œuvre non autorisée est faite en sachant qu'elle sera effacée.
Enfin, on ne les trouve pas de la même manière. Cherchez « fresque » et vous obtenez des guides touristiques ; cherchez « graffiti » et vous obtenez des faits divers. Pour voir ce qu'il y a réellement dans la rue, il faut une carte : c'est la fonction de la carte et du fil de Wallscape.
Les mots employés en pratique
Les municipalités, la police et la presse utilisent rarement le vocabulaire des graffeurs. Dans le langage officiel, presque tout ce qui n'est pas autorisé devient « graffiti » ou « vandalisme », et presque tout ce qui l'est devient « fresque » ou « art public » : un partage fondé sur le seul consentement, pas sur la forme.
Savoir si la peinture non autorisée est de l'art ou une dégradation ne se tranche pas ici. La réponse change selon la ville, le mur et le propriétaire, et le désaccord fait partie de cette culture. Employer les mots avec précision rend au moins le débat plus clair.