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Le Caire : une fresque recouverte après une polémique

2026년 10월 17일 오전 02:160

Une commande d’embellissement a été recouverte avant la visite

Une fresque de 66 mètres représentant le pharaon Toutânkhamon et la reine Néfertiti a été recouverte de peinture sur la place Tahrir, au Caire, en Égypte, après une polémique sur la couleur de leurs visages. Selon le reportage publié par The Guardian le 2 octobre 2026 en collaboration avec Egab, le gouvernorat du Caire a demandé au groupe de bénévoles qui l’avait réalisée de la recouvrir.

L’œuvre faisait partie de 40 fresques commandées pour embellir la ville à l’occasion de la visite d’État du président chinois Xi Jinping, en septembre 2026. Elle a disparu sous une nouvelle couche de peinture quelques heures avant son arrivée. Pour suivre son parcours dans l’espace public, il faut donc tenir ensemble son origine administrative et la décision qui a mis fin à sa visibilité.

Les bénévoles ont invoqué une question de couleur et d’ombre

Le groupe de jeunes bénévoles Rasmet Basma a préparé la fresque en cinq jours, à la fin du mois d’août 2026. Son fondateur, Ahmed Moussa, âgé de 22 ans, a expliqué au Guardian que l’équipe avait créé les modèles avec ChatGPT, avant de les peindre sur le mur. La génération numérique constituait ainsi une étape d’une réalisation exécutée par les bénévoles.

Moussa a attribué l’aspect sombre des visages, la nuit, aux ombres produites par une teinte mêlant doré et bronze. Il a également reconnu que l’équipe aurait dû consulter des spécialistes de l’archéologie et de l’art. Il s’agit de son explication du résultat visuel et de la méthode employée, à distinguer d’une conclusion sur l’apparence des personnages historiques.

Selon Moussa, le vice-gouverneur du Caire et le responsable du district avaient visité le chantier et apprécié les peintures avant que la contestation ne prenne de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Son récit pose une question concrète pour une commande publique : à quel stade un projet est-il examiné, et avec quelles compétences ?

La représentation a rejoint un débat sur l’Égypte antique

Certains détracteurs ont interprété la peau sombre comme un soutien à l’afrocentrisme. The Guardian présente ce mouvement politique comme affirmant que la civilisation égyptienne antique était d’origine et de population africaines noires. Sur les réseaux sociaux, des critiques ont accusé des groupes afrocentristes d’utiliser les images pour laisser entendre que les Égyptiens validaient leurs théories. Ces accusations appartiennent à la réception de la fresque.

Zahi Hawass, ancien ministre égyptien des Antiquités, a soutenu l’indignation du public et estimé qu’un lieu aussi important que la place Tahrir nécessitait un encadrement spécialisé. Il a rejeté les affirmations reliant la civilisation égyptienne antique à l’Afrique subsaharienne. Il a invoqué des reliefs de temples de la Basse Époque qui, selon lui, distinguent les rois égyptiens de captifs originaires de plusieurs régions.

Monica Hanna, égyptologue et professeure adjointe d’archéologie à l’Université américaine d’Irak–Bagdad, a elle aussi qualifié les thèses afrocentristes de pseudoscientifiques. Elle a parallèlement insisté sur la diversité ethnique de la société égyptienne, des communautés nubiennes du sud aux populations méditerranéennes du nord. Elle conteste ainsi l’idée d’une seule couleur de peau pour les Égyptiens.

Le reportage rapproche cet épisode de la controverse suscitée en 2023 par le choix d’une actrice à la peau sombre pour incarner Cléopâtre dans un documentaire de Netflix. Il évoque également un guide qui aurait présenté une lecture afrocentriste de l’histoire au Musée égyptien du Caire en juin 2024. Ces précédents éclairent le contexte de réception de l’image, sans faire de celle-ci un arbitrage historique.

ChatGPT a aussi ouvert une discussion sur le jugement artistique

L’intelligence artificielle est entrée dans la controverse par la conception de l’œuvre. Walid Mahmoud, chercheur en IA et spécialiste d’anthropologie africaine, a estimé que des outils comme ChatGPT reflètent les informations les plus diffusées en ligne plutôt que leur exactitude. Il a appelé à examiner leurs productions avec vigilance lorsqu’elles touchent au patrimoine et à l’identité culturelle.

Le critique d’art Mostafa Eissa a défendu l’usage de la technologie comme outil, tout en réservant la décision artistique aux humains. Il a averti que remplacer le savoir-faire de l’artiste par ces outils risquait d’appauvrir l’originalité d’une œuvre. Ces interventions attirent l’attention sur la sélection et l’évaluation du modèle avant son passage sur un mur public.

Le recouvrement fait partie du parcours de l’œuvre

Pour les amateurs de fresques, le renseignement pratique est que cette peinture a été recouverte. Une image de son état peint doit être comprise avec cette issue. Connaître son emplacement sur la place Tahrir ne signifie pas pouvoir y retrouver la même œuvre.

Cette affaire invite à documenter une commande au-delà de son sujet : qui l’a demandée, comment elle a été réalisée, quelles réactions elle a provoquées et qui a décidé de la recouvrir. Ici, embellissement urbain, bénévolat, conception assistée par IA et contestation publique se rencontrent sur un même mur. Conserver cette suite d’événements permet de comprendre la courte présence de l’œuvre dans la ville, sans lui demander de trancher le débat sur les origines de l’Égypte antique.

Source : le reportage du Guardian sur la fresque du Caire, publié le 2 octobre 2026 en collaboration avec Egab.

Voir l’original— The Guardian