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Johanna Poethig repense sa fresque de Cesar Chavez
Les ouvrières agricoles deviennent le sujet central
Johanna Poethig retravaille sa fresque de l’université d’État de Sonoma afin de retirer les représentations de Cesar Chavez et de mettre les travailleurs agricoles au premier plan. Selon le Santa Rosa Press Democrat du 18 septembre 2026, l’artiste installée à Oakland collabore avec l’établissement pour modifier le sujet de cet hommage tout en conservant l’intention esthétique de l’œuvre.
Cette démarche fait suite à une enquête du New York Times publiée en mars 2026. D’après le récit du Press Democrat, cette enquête présentait des éléments et des accusations de violences sexuelles commises par Chavez contre des filles et des femmes engagées dans le mouvement social. L’université a recouvert la fresque de papier brun avant de décider de la suite. Stacey Bosick, responsable universitaire par intérim, a défendu ce temps de réflexion.
Pour les amateurs d’art public, le projet montre comment un changement de personnage transforme le récit transmis par une œuvre. L’attention se déplace vers les personnes qui ont porté les luttes agricoles. La fresque existante devient le lieu d’une discussion sur la mémoire collective et sur la place accordée aux différentes expériences.
Trois femmes et des broderies structurent la proposition
Trois ouvrières agricoles occupent le centre de la composition proposée. Parmi elles figure Maria Moreno, présentée par le journal comme la première ouvrière agricole des États-Unis recrutée comme organisatrice syndicale. Travailleuse migrante et mère de douze enfants, elle apparaît les bras croisés devant des cultures disposées en rangées.
Une femme autochtone tenant la Terre prend place au-dessus du groupe. Une autre porte un plateau de fruits et de légumes. Selon le Press Democrat, Poethig a trouvé la photographie à l’origine de cette dernière figure sur le site de Lideres Campesinas, qui en a autorisé l’utilisation. Ces références à la terre et aux récoltes répondent à des suggestions formulées lors d’un atelier universitaire.
Les textiles contribuent aussi à la structure de l’image. Les étudiants Eddy Camacho et Camila Nava Lopez ont partagé des photographies de broderies conservées par leurs mères. Des bandes superposées ornant le col d’une blouse ont inspiré la forme qui entoure les trois femmes. Des motifs issus de collections familiales accompagnent ainsi les portraits et les produits du travail agricole.
Dévoilée en 2000, l’œuvre originale mesure huit pieds de haut sur vingt-quatre de large. Il s’agit d’un relief en bois associant teinture, peinture, sculpture et pyrogravure. Cette matière compte dans la lecture du projet : le remaniement concerne une surface déjà façonnée, dont l’artiste souhaite préserver la cohérence visuelle.
Les échanges sur le campus ont nourri le dessin
Le projet s’est développé au fil de discussions avec la communauté universitaire. Poethig a participé à une conférence et à un atelier sur le campus de Rohnert Park en mai 2026. Le 4 septembre, elle a présenté une esquisse lors d’un échange en visioconférence avec des étudiants et des membres du personnel. Cette présentation ne correspondait pas à une œuvre achevée.
Daisy Guevara, étudiante en gestion, a proposé de transférer le feu évoqué par le titre original, « Tiene la lumbre por dentro », d’un individu vers le mouvement. Son intervention invitait à faire apparaître des personnes moins présentes dans les récits habituels. Poethig a également expliqué avoir été marquée par Esmerelda Lopez, l’une des femmes ayant témoigné, qui attribuait au mouvement lui-même le rôle de héros.
Alegría De La Cruz, de la California Rural Legal Assistance Foundation, a soutenu la démarche de l’université, rapporte le journal. Elle a insisté sur la nécessité de condamner Chavez tout en préservant une histoire construite par de nombreuses personnes. Le remaniement associe donc la reconnaissance des violences et la transmission des acquis collectifs.
Les contributions étudiantes donnent aussi des repères pour regarder l’œuvre. Des idées et des références visuelles apportées pendant les échanges sont entrées dans la composition. Elles permettent de relier certains choix graphiques aux personnes qui ont participé à leur élaboration.
Le dévoilement est prévu en mars 2027
La fresque remaniée doit être dévoilée le 11 mars 2027 à la bibliothèque Schulz de l’université d’État de Sonoma. Au moment du reportage de septembre, l’original était encore couvert et la nouvelle composition avait été présentée sous forme d’esquisse. Cette distinction est essentielle pour préparer une visite autour du projet.
Le journal ne précise ni les horaires de visite ni les modalités d’accès. Il convient de consulter les informations de l’université avant un déplacement. Après le dévoilement, les portraits, les bordures inspirées de broderies et les récoltes représentées fourniront des éléments à observer avec les techniques du relief en bois. Leur articulation permettra de suivre le passage d’un hommage individuel à une mémoire partagée du travail.
Pour repérer d’autres œuvres d’art public, consultez la carte Wallscape.
Source : Santa Rosa Press Democrat