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Kitihawa au premier plan d’une fresque à Ravenswood
Kitihawa occupe la première place dans la composition
Une fresque dévoilée le 9 septembre 2026 dans le quartier de Ravenswood, à Chicago, met en avant Kitihawa et sa contribution au parcours de son époux, Jean Baptiste Pointe DuSable. Selon le Chicago Sun-Times, Noelle Garcia et Monica Rickert-Bolter ont peint les murs extérieurs de la façade et du côté de l’annexe de North Park Elementary School, au 2017 W. Montrose Ave. Le choix de placer Kitihawa devant DuSable rend leur intention lisible dans la composition même.
Kitihawa appartenait au peuple potawatomi de la région de Chicago. Rickert-Bolter explique au journal qu’elle était l’associée de DuSable dans les activités des comptoirs commerciaux et l’aidait à nouer des relations avec sa communauté. Garcia insiste également sur l’importance de leur collaboration. Les artistes donnent ainsi une place visible à son rôle dans une entreprise commune, au-delà de sa présence dans la biographie de son mari.
Le journal présente DuSable comme un explorateur franco-haïtien souvent considéré comme le premier fondateur non autochtone de Chicago. Lake Shore Drive a été renommée en son honneur en 2021. Les informations largement connues sur Kitihawa restent beaucoup plus limitées, relève le quotidien. La fresque répond à cette différence de reconnaissance en réunissant les deux figures tout en dirigeant d’abord le regard vers elle.
Le paysage se prolonge sur les deux murs
Kitihawa apparaît sur le mur orienté à l’est, du côté de la ruelle, en train d’écrire dans un livre tout en regardant au loin vers le nord. Derrière elle, DuSable semble prêt à partir à pied vers le sud-est. Le lac Michigan forme le fond de la scène. Des libellules, des tortues, de hautes herbes et d’autres plantes et animaux indigènes entourent les personnages.
Sur la façade de l’annexe, un castor nage sous une fenêtre, tandis qu’une loutre de rivière se redresse dans l’angle inférieur droit. Des herbes tressées parcourent les deux murs. Des iris bleus, roses et bruns encadrent un angle supérieur de la porte d’entrée. Ces détails permettent de suivre la peinture au-delà des portraits et d’observer son rapport aux ouvertures du bâtiment.
Pour les amateurs de fresques, l’angle de l’annexe fait donc partie de la lecture de l’œuvre. Regarder la façade et le côté ensemble permet de repérer les éléments qui relient les surfaces. Le paysage donne aussi un ancrage régional aux personnages : l’eau, les animaux et les plantes accompagnent leur histoire dans un même espace peint.
Les dessins des élèves nourrissent un projet pédagogique
Certains dessins de plantes et d’animaux indigènes réalisés par les élèves ont été intégrés à la fresque. Garcia et Rickert-Bolter ont également participé à l’élaboration d’un programme pédagogique sur les peuples autochtones qui vivaient dans la région correspondant à Chicago et à ses environs. Le mur extérieur devient ainsi un support relié aux apprentissages de l’école.
D’après le Chicago Sun-Times, les élèves et les enseignants ont demandé pourquoi Kitihawa et DuSable avaient été représentés de cette façon. Les artistes ont utilisé ces questions pour aborder l’iconographie traditionnelle autochtone. Elles ont choisi un style inspiré de l’animation japonaise pour les personnages, estimant qu’il pourrait les rendre plus accessibles aux jeunes. Cette explication décrit leur intention dans le choix du langage graphique.
Garcia, qui habite Highland Park, est membre des Tribus Klamath de l’Oregon. Rickert-Bolter vit à West Ridge et appartient au peuple potawatomi. Leur regard de femmes autochtones éclaire leur intérêt pour Kitihawa. La contribution des élèves ajoute une autre dimension à cette création : une partie de la nature représentée provient des images proposées par les enfants qui fréquentent l’établissement.
L’annexe de Montrose Avenue permet de repérer la fresque
L’adresse à retenir pour voir l’œuvre est le 2017 W. Montrose Ave., à Ravenswood. La façade et le mur de la ruelle orienté à l’est constituent les deux repères de visite : les animaux occupent notamment le devant, tandis que les personnages historiques se trouvent sur le côté. Dans ce cadre scolaire, il convient de laisser libres les entrées et les passages empruntés par les élèves.
Garcia précise au journal que la fresque a été peinte à la main avec une peinture conçue pour adhérer à la brique tout en laissant respirer le mur. Selon l’artiste, cette propriété aide à éviter que la peinture se détache. La surface du bâtiment offre donc un autre point d’observation, en complément des figures et du paysage. Les deux artistes indiquaient aussi travailler à un roman graphique consacré à Kitihawa et à DuSable.
Repérez d’autres fresques alentour sur la carte Wallscape.
Source : Chicago Sun-Times