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Ontario : des passages piétons peints pour les vétérans
À West Nipissing, en Ontario, le street art quitte le mur pour la chaussée. Selon BayToday, la filiale 225 de la Légion royale canadienne va installer des passages piétons commémoratifs en hommage aux anciens combattants et aux militaires en service, avec le soutien sans réserve du conseil municipal.
L'œuvre sera à l'endroit précis où les gens marchent dessus chaque jour.
Où et quand
Deux emplacements, selon BayToday. Le premier réunit les quatre coins de King Street à l'angle de Queen Street, à Sturgeon Falls. Le second est le carrefour de Booth Street et de Waterfront Street, à Cache Bay.
Les travaux commencent vers la fin du mois d'août et doivent prendre deux jours par site. La municipalité fermera ces carrefours pendant la peinture.
Aucun argent municipal n'est engagé
C'est le montage financier qui rend ce projet remarquable. Selon BayToday, la Légion n'a demandé aucun financement au conseil. Le projet sera payé par des dons de la communauté.
Ce que fournit la municipalité n'est pas de l'argent. C'est une autorisation, et une chaussée.
Mike Pilon, directeur général de West Nipissing, a déclaré devant le conseil : « C'est très pertinent pour notre municipalité et cela soutient notre filiale locale de la Légion et nos anciens combattants. C'est un projet qui en vaut la peine. » La proposition a été présentée au conseil par Jerry Foriotte, assistant aux services aux anciens combattants de la Légion de West Nipissing.
Voilà une voie vers l'art public qui ne passe par aucun débat budgétaire. La communauté paie, la municipalité autorise la surface.
Ce qui est peint
Des projets de passages piétons similaires ont déjà été installés à Callander, tout près, rapporte BayToday. Le motif habituel est l'image peinte d'un soldat en silhouette, souvent accompagnée de la mention « Lest We Forget » sous la figure.
Le message est simple, la forme aussi. Ce qui change, c'est l'emplacement. Une fresque, on s'arrête pour la regarder. Une pièce sur un passage piéton, on la traverse à pied.
Peindre sur une chaussée relève du cahier des charges
Une partie de l'intérêt tient à la sévérité des exigences matérielles. Une œuvre au sol est roulée dessus, raclée par les engins de déneigement en hiver et trempée par la pluie.
Selon BayToday, la peinture utilisée est homologuée pour usage routier par le ministère des Transports et contient un gel coat et un composé caoutchouté à la fois réfléchissant et antidérapant. L'ouvrage est garanti cinq ans.
Rapporté à la pratique murale ordinaire, l'arrangement est inhabituel. La plupart des travaux à l'aérosol sur les murs ne bénéficient d'aucune garantie et peuvent disparaître en quelques mois, comme le montre l'effacement en cours à Oceanwide Plaza, à Los Angeles. Peindre sur une chaussée transforme l'œuvre en infrastructure, et une infrastructure vient avec un cahier des charges et une garantie.
Le street art comme acte de mémoire
Les passages piétons commémoratifs sont devenus une forme récurrente dans plusieurs municipalités. Ce projet montre que la définition du street art est plus large qu'on ne le suppose souvent. Un tag non autorisé et une peinture au sol approuvée par un conseil municipal n'ont pas du tout le même statut juridique, mais tous deux sont peints sur la surface de l'espace public et tous deux sont vus par chaque passant.
Wallscape ne place pas l'un au-dessus de l'autre. La question est de savoir si cela mérite d'être consigné. Une pièce de ce genre peut être repeinte sous une autre forme dans cinq ans, ce qui signifie que la seule façon dont la version actuelle survivra est la photographie.
S'il y a une œuvre au sol dans votre ville, elle peut rejoindre la carte avec son emplacement. Le fil montre ce qui est consigné dans d'autres villes.