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Bengale-Occidental enquête sur des graffitis universitaires
Le Bengale-Occidental a ordonné une enquête sur les graffitis d'une résidence universitaire
Suvendu Adhikari, ministre en chef de l'État indien du Bengale-Occidental, a ordonné le 24 août 2026 aux autorités universitaires et au secrétaire principal du département de l'Enseignement supérieur d'enquêter sur les graffitis et les dessins peints dans la résidence masculine de la division des Arts de l'université Jadavpur, à Calcutta. Selon le quotidien The Indian Express, Adhikari a écrit sur X que le cabinet du ministre en chef avait reçu, via sa cellule de doléances, des "vidéos et représentations photographiques préoccupantes" envoyées par des étudiants signalant des "graffitis et dessins muraux répréhensibles, sociopathes, violents et antinationaux" à l'intérieur de la résidence.
Dans le même message, il a ajouté que "les établissements d'enseignement sont des espaces sacrés d'apprentissage, d'excellence académique et de construction nationale" et qu'"en aucun cas les enceintes universitaires ne seront autorisées à servir de plateformes pour diffuser une propagande déréglée et un sentiment anti-Inde". L'instruction demandait une "enquête immédiate au moyen d'une vérification physique sur le terrain de la zone de la résidence afin d'identifier les personnes impliquées".
L'instruction a suivi un affrontement sur le campus
Elle intervient au milieu d'un conflit ouvert à l'université. The Indian Express rapporte qu'une assemblée générale du syndicat étudiant de la faculté d'ingénierie et de technologie a débouché sur un affrontement dans la nuit du mercredi au jeudi 20 août 2026, entre partisans de l'ABVP, organisation étudiante du Rashtriya Swayamsevak Sangh, et du SFI, organisation étudiante du Parti communiste indien (marxiste). Plusieurs étudiants ont été blessés et chaque camp a accusé l'autre d'avoir fait entrer des personnes extérieures sur le campus.
Le président de l'université, Chiranjib Bhattacharjee, a expliqué que la plainte déposée pour un incendie criminel sur le campus avait tardé parce qu'il n'avait pas pu s'y rendre immédiatement, et qu'elle avait été déposée le 21 août, donnant lieu à plusieurs procédures. Des sources policières de Calcutta citées par le journal ont indiqué que les images d'environ 60 caméras de vidéosurveillance seraient collectées.
Les récits d'un même campus divergent
Les descriptions de la situation se contredisent. Quelques heures avant de donner cette instruction, Adhikari avait déclaré en conférence de presse que "les cours se sont déroulés normalement à l'université Jadavpur. Il n'y a aucun problème là-bas". Il a aussi affirmé que "des choses comme le salut rouge à Kishenji", dirigeant maoïste, "ne seront pas autorisées sur le campus".
Mamata Banerjee, ancienne ministre en chef et dirigeante du Trinamool Congress, a répondu lors d'un direct sur Facebook que "le BJP a semé le chaos à l'université Jadavpur", ajoutant : "Même si je peux avoir des divergences de vues avec les étudiants de Jadavpur, je les respecte."
Une réunion de six heures avec toutes les parties, convoquée par le président de l'université, s'est achevée sans accord dans la nuit du 24 août. Un membre du SFI a déclaré ensuite : "Nous parlions au président. Il ne nous a écoutés qu'à moitié et a soudain voulu partir." Le même jour, l'ABVP a défilé de Golpark à l'arrêt de bus 8B de Jadavpur sous le mot d'ordre "Sauvons Jadavpur, sauvons l'éducation", tandis que le SFI défilait de Sealdah à College Street. Les grilles de l'université ont été fermées de l'intérieur, avec trois cordons de sécurité à l'extérieur.
Personne n'a publié ce que disent réellement ces graffitis
Le vide le plus frappant de toute cette couverture, c'est le graffiti lui-même. Le cabinet du ministre en chef a qualifié ces dessins et ces inscriptions de répréhensibles, sociopathes, violents et antinationaux, mais le récit de The Indian Express ne décrit pas ce qui est peint sur les murs de la résidence. Le seul contenu précis cité par Adhikari est un "salut rouge" au dirigeant maoïste Kishenji.
La controverse se déroule donc, hors du campus, autour d'une surface que presque aucun de ceux qui en débattent n'a vue. Ce que l'on sait de ces murs vient de ceux qui les ont photographiés et ont déposé les images comme plainte, et de ceux qui décrivent les mêmes murs comme une expression politique ordinaire.
Les murs d'une institution posent toujours la question de qui décide
Un mur de rue et un mur institutionnel ne fonctionnent pas de la même façon. Dans la rue, c'est un propriétaire ou une municipalité qui décide de ce qui part. Dans une résidence étudiante, les murs sont en pratique entretenus par ceux qui y vivent, et c'est pourquoi une instruction venue de l'extérieur est reçue comme davantage qu'un ordre de repeindre.
C'est le point à relever dans cette instruction : elle demande la vérification physique d'une zone afin d'identifier des personnes. Ce qui doit être effacé est un dessin. Ce qui doit être examiné est un groupe de gens.
Wallscape ne prend pas parti sur la version exacte des faits à Jadavpur, ni sur le maintien ou non de ces dessins. Ce qui subsiste sur un mur, et qui en décide, est une question que ce site suit partout où elle se pose.
Ce qu'il reste quand un mur est repeint
Un mur peint ne laisse rien derrière lui une fois recouvert. Quoi qu'il advienne des murs de la résidence de l'université Jadavpur, la trace qui en subsistera pourrait bien se réduire aux photos jointes à une plainte et aux enregistrements de vidéosurveillance.
Pour voir comment évoluent les murs de votre ville, la carte Wallscape et le fil conservent le travail de rue tel que les gens le photographient.