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À Margaretsville, des rochers peints divisent le village

2026년 7월 3일 오후 11:340

Les rochers peints ont aussi une fonction de protection

Des peintures de personnages réalisées sans autorisation sur les rochers de Margaretsville, en Nouvelle-Écosse, suscitent un désaccord sur l’usage du paysage côtier. Selon CBC.ca, les images sont apparues sur une période de trois ans le long de la voie menant à la plage de cette localité de la vallée de l’Annapolis. On y retrouve Goomba, Toad et Yoshi, de Super Mario, ainsi que Mme Puff, Gary et M. Krabs, de Bob l’éponge.

Le cadre est celui d’un petit village de pêcheurs donnant sur la baie de Fundy. La galerie Art Shack se trouve au bout du court chemin de gravier qui longe les rochers. Le lieu associe donc un accès à la mer, un espace d’exposition voisin et des blocs qui ne servent pas seulement de support aux dessins.

Raymond Pierce, propriétaire du terrain où reposent certains rochers, explique que la Margaretsville Shore Society les a installés pour protéger la route et les propriétés voisines contre les ondes de tempête. Les travaux ont été financés par le budget de l’association, alimenté par le soutien de la communauté. Cette fonction de protection compte dans la lecture des peintures autant que les personnages représentés.

Les opposants mettent en avant le lieu et le consentement

Les critiques portent sur l’absence d’autorisation et sur la place des images dans le paysage, sans exclure toute qualité artistique. Luanne Hartman, artiste et directrice générale de la galerie Art Shack, reconnaît que l’appréciation de l’art est subjective. Elle rapproche toutefois les peintures du graffiti, parce qu’elles ont été réalisées sans permission.

Hartman indique à CBC.ca que la galerie attire des visiteurs du monde entier et en accueille au moins cent lors des journées très fréquentées. Certains l’interrogent sur les rochers. Elle dit ne pas avoir rencontré de défenseurs des peintures dans ces échanges. Ce témoignage décrit les réactions qu’elle a personnellement recueillies, sans constituer un sondage auprès de l’ensemble des visiteurs.

Adam Lemieux, président de la Margaretsville Shore Society, estime que les dessins ne correspondent pas à l’image que le village souhaite offrir. Il explique que les gens viennent voir la baie, les oiseaux, les algues, le phare et les rochers. Il précise aussi que les blocs se trouvent sur des terrains privés, même si certains peuvent croire le contraire. Pierce, également membre de l’association, reconnaît le savoir-faire de certains dessins tout en refusant les interventions sans accord du propriétaire.

L’effacement reste un projet et les soutiens existent

L’association souhaite essayer le sablage après une tentative difficile de nettoyage à haute pression. D’après Lemieux, enlever quelques peintures a nécessité une journée entière et beaucoup d’eau et d’électricité. Le récit de CBC.ca fait état d’une recherche de moyens pour tester une sableuse, sans annoncer que l’effacement est terminé.

Lemieux affirme qu’un adulte a réalisé au moins une partie des images. L’association a contacté un créateur, qui ne s’est guère montré disposé à participer au nettoyage. Pierce raconte pour sa part avoir fait un signalement à la Gendarmerie royale du Canada, mais avoir appris que les informations étaient insuffisantes pour porter des accusations. Après une discussion avec une personne qui signe ses peintures de ses initiales, il dit ne plus avoir vu de nouvelles œuvres de cette personne.

Des commentaires favorables ont aussi été publiés sur les réseaux sociaux. CBC.ca donne notamment la parole à Angel Fonseca, une habitante de la vallée de l’Annapolis venue à la plage avec sa chienne Aspen. Les personnages de Bob l’éponge lui rappellent son enfance. Elle apprécie l’idée que la beauté naturelle et la création humaine puissent partager un même espace. Son regard apporte une autre interprétation du site, fondée sur la nostalgie plutôt que sur la gêne visuelle.

Le contexte transforme la réception d’une image en plein air

Le cas de Margaretsville montre que l’accueil d’une peinture dépend aussi du lieu où elle apparaît. CBC.ca évoque des yeux peints sur des rochers au bord de la route 103, en Nouvelle-Écosse, devenus un repère informel apprécié de certains voyageurs. Un axe routier fréquenté et une plage paisible ne suscitent cependant pas les mêmes attentes.

Pour situer les peintures, le reportage mentionne le court chemin de gravier vers la plage de Margaretsville, près de la galerie Art Shack. Il ne fournit ni coordonnées précises ni horaires de visite. La visibilité depuis un chemin ne donne pas, à elle seule, l’autorisation d’entrer sur un terrain privé ou d’ajouter des dessins. Le projet de nettoyage ne permet pas non plus de garantir la durée de présence des images.

Observer ces rochers suppose de considérer ensemble les souvenirs liés aux personnages, le paysage maritime, la protection contre les tempêtes et le consentement. Le mérite artistique ne suffit donc pas à expliquer toutes les positions. Pour découvrir d’autres œuvres dans l’espace extérieur, consultez la carte Wallscape.

Source : CBC.ca

Voir l’original— CBC.ca